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Les maux des mots

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25 octobre 2010

Déconstruire

En voilà un mot bien agaçant qui invente quelque chose alors qu'il existe un mot et ce depuis des siècles
Construire c'est assembler des éléments pour élaborer un objet concret comme abstrait, par exemple construire un mur, construire une phrase.
Son inverse c'est détruire, par exemple, détruire un mur.
Alors pourquoi avoir inventé un nouveau mot?

Peut être pour faire politiquement correct!
En effet, détruire ça fait vandale, voyou, casseur.
Détruire ça fait brute épaisse qui ne réfléchit pas.
Quand il est décidé de supprimer un immeuble, on le truffe d'explosifs scientifiquement et on y met le feu.

Et bien il n'est plus détruit mais déconstruit!

Si on s'amusait à en inventer d'autres? Chiche!
Manger, vous comprenez, on met des aliments dans sa bouche pour se nourrir.
Et si démanger devenait synonyme de vomir??
Du n'importe quoi! Vous avez raison.
Alors utilisons les mots du dictionnaire, c'est plus simple.

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19 mai 2010

Une sacrée nouveauté !

Nous avons vraiment beaucoup de chance qu'il existe la publicité pour nous dés-informer.
Vu dans un catalogue d'outillage, une chaise forcément révolutionnaire, puisqu'elle est ..... anti fatigue!

Et oui, personne n'y avait jamais pensé.
chaise_speciale
Heureusement qu'il existe des bienfaiteurs de l'humanité pour soulager le pauvre monde.
Mais au fait, à quoi sert une chaise, si ce n'est d'y poser son séant pour éviter de se fatiguer en restant debout?
Pléonasme! Sortez des rangs!

23 avril 2010

Létal

Voici un mot qui est apparu dans le langage journalistique il y a moins de 10 ans.
C'est un adjectif qui nous vient du latin lethalis ou letalis et qui a est utilisé en français dans le domaine médical avec l'orthographe létal ou léthal.
Son sens = qui provoque la mort
Ce sont les américains qui l'ont déterré lorsque la chaise électrique a été débranchée "pour raisons humanitaires". En effet, ça faisait désordre un type qui prenait feu après d'atroces contorsions devant des témoins obligés.
Du coup, ils ont passés à la piqure de poison.
Pas beau tous ce vilains mots!
Ça nous rappelle à nous la Voisin et Marie Bénard, pas bonne réputation!

Alors pour faire politiquement correct je ne sais qui a trouvé les mots "lethal injection" que nos journalistes ne se sont pas fatigués à traduire en "injection létale" qui fait moins peur aux enfant que "injection mortelle".
Quoi qu'il en soit, le résultat est bien le même.

14 avril 2010

Sociétal

En voilà un qui sort de la bouche de nombreux journaleux, consultants et consorts.
Voici un adjectif qui a remplacé "social".
Pourtant "social" est bien à sa place.
Social se rapporte à société : un fait social = un fait de société.
Le grand malheur du mot social est qu'il est accolé à des problèmes, du genre la sécurité sociale et son éternel déficit.
A la longue, "social" est devenu un gros mot, un mot tabou.
C'est là que nos penseurs ont tiré de leur chapeau un néologisme qui fait smart.
L'ont ils inventé?
Pas du tout!
Encore une fois, il a suffi d'aller à la pêche dans l'anglo-saxon.
societal  adj : relating to human society and its members; "social institutions"; "societal evolution"; "societal forces";
"social legislation" [syn: social]

Traduction :
sociétal  adjectif : qui se rapporte à la société des hommes et à ses membres "institutions sociales"; évolution sociétale"; "forces sociétales"; législation sociale" synonyme : social

Voici une brillante illustration du premier principe shadok : "pourquoi faire simple alors qu'on peut faire compliqué" et d'un autre adage d'un des mes anciens directeurs "il faut imaginer des choses compliquées pour faire croire qu'on est intelligent"
Bannissons "sociétal"!

16 février 2010

Consultant

Ce mot n'est pas nouveau et est même devenu banal.
D'où vient ce mot?
Une fois de plus c'est un mot anglo-saxon qui signifie : un expert qui donne des conseils.
       Un expert?
       Mais nous connaissons le mot!
       Qui donne des conseils?
       Mais c'est un conseiller! Richelieu et Mazarin furent les conseillers de Louis XIII et prouvèrent leur efficacité.
Et oui, nous connaissons déjà le mot mais pour faire "moderne" il faut en utiliser un plus "smart"
Au passage savez vous que nos voisins anglais utilisent "chic"  plutôt que "smart"?

Souvent consultant faisant un peu trop "français", des tas de gens préfèrent le dernier terme à la mode "coach" dont j'ai déjà parlé.
Avons nous honte des mots "expert" et "conseiller" au point d'aller pêcher un mot dont beaucoup de personnes méconnaissent la signification? Un peu de clarté!

Il faut savoir que consultant est devenu un cache misère aux Etats Unis.
En effet, là bas, être au chômage est une pire avanie que chez nous, alors pour ne pas avouer qu'ils n'ont pas de travail, ils s'inventent une activité de consultant en tout et n'importe quoi en espérant que quelqu'un voudra bien payer pour leurs conseils.

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8 février 2010

Concernement

C'est tout nouveau, il en a sorti des pelletées, ça vient de sortir de la bouche d'un économiste dans une phrase du style "les syndicats n'ont aucun concernement de la situation des précaires"

Mais où est il allé chercher ça?
J'ai une petite idée : de l'anglo saxon comme d'habitude.
Quand au lycée il faut traduire "to feel concern" si l'on n'a pas écouté quand le prof parlait, c'est souvent le grand n'importe quoi au moment de la traduction.
La traduction est : "être préoccupé"
Le mot anglais "concern" a pour sens : sollicitude, anxiété, intérêt.

Il existe pourtant bien ce mot dans la langue de Molière, mais pas dans le vocabulaire que nous avons l'habitude d'utiliser, voyez vous même :
Concernement (Psychologie)
Moment originaire d'entrée   dans la folie, caractérisé par l'expérience irrépressible   d'un individu qui se retrouve au centre des mouvements et intentions du reste   des hommes. Dépourvue de signification au départ, cette expérience   se colore ensuite des nuances du délire, qui naît de la tentative   de l'expliquer.

Ce mot, Il y a aussi d'autres personnes qui l'utilisent, au CNRS enre autres, mais avec des guillemets, car le mot est inconnu du Larousse et du Robert en français usuel.

Ce mot, notre économiste le lit très souvent dans des publications anglo-saxonnes et il faut croire que "préoccupation" faisait trop crétin, nul et ringard puisqu'il nous sert un "concernement" tout chaud et sans guillemets.
Ce qui est curieux, c'est que le présentateur n'ait pas pensé ou osé lui demander de préciser sa pensée.

A pomper à tout va dans l'anglais, à fabriquer du néologisme en veux-tu en voilà, gare au dérapages incontrôlés, du style employer "viduité" pour parler de quelque chose de vide, alors que le mot siginfie "État de veuvage", le discours fini par être plein de vacuité!
De la clarté s'il vous plait!

28 décembre 2009

Le vieux continent

C'est devenu un lieu commun sous la plume de nombreux journalistes, plutôt que d'écrire l'Europe, nombre de fois, ils préfèrent nous resservir du "vieux continent".
Géologiquement c'est archi-faux car les plaines sédimentaires d'Europe ne datent que du quaternaire, c'est à dire hier.
Historiquement c'est aussi faux, car si l'Europe a vu naitre de nombreuses civilisations qui à une époque ont apporté le progrès, les autres continents, y compris l'Océanie n'ont jamais été dépourvus de civilisations marquantes dans l'histoire de l'humanité.
Alors pourquoi "vieux"?
La mode a connu un très fort essor en février 2003, au moment où se discutait à l'ONU une intervention militaire en Irak. Il y avait le clan des va-t-en guerre, USA en tête et certains empêcheurs de guerroyer en rond et surtout la France.
C'est à cette époque que les médias anglo-américains on commencé à abuser du terme "vieux continent" pour faire bien comprendre à ceux qui les écoutaient que l'Europe était un ramassis de vieux schnocks qui n'avaient rien compris.
Le pire, c'est que le terme a été adopté même chez nous.
Quand on lit ou entend "vieux continent" de la plume ou de la bouche de journalistes français, remarquez que c'est pour décrier ceux qui ne croient pas au libéralisme tout puissant et qui restent accrochés à leurs "privilèges".
Tiens, c'est curieux, mais on l'entent moins depuis le fiasco en Irak et le fiasco économique de 2008, ça c'est un sacré coup de vieux!

15 décembre 2009

Prévenir

Voici un verbe qui a été depuis des lustres utilisé avant tout dans le sens de avertir, aviser, anticiper et qui est maintenant utilisé dans le sens de "empêcher" car il est plus politiquement correct.
Son emploi à la mode est aussi c'est la conséquence d'une traduction de l'anglo saxon "to prevent".

En effet, l'emploi de "to prevent" en anglais ou anglo-américain est avant tout pour signifier "empêcher".

Mais "empêcher" c'est péjoratif > empêcheur de tourner en ronds, c'est trop dictatorial.

Les traducteurs automatiques étant faits pour aller vite, je soupçonne les agences de presse sous perfusion de Associated Press et Reuters de l'avoir mis au goût du jour.
Le politiquement correct s'emploie à ne pas faire usage de termes choquants.
Ainsi, "prévenir" est moins choquant que "empêcher", mais le résultat est le même!

14 décembre 2009

Complexifier

On s'était bien moqués de Ségolène Royal quand elle avait fait sa bourde de la "bravitude" et pourtant tous les jours, on en entend et on en lit de belles!
Ce beau charcutage, on le doit à Teilhard de Chardin en 1951. "L'Humanité est désormais destinée à se complexifier" et hop! un néologisme!
On a même inventé un nom "complexification" mais là on ne connait pas le coupable.

Longtemps il est resté au fond d'un tiroir, mais il en est sorti et bien sorti!
Comme si "compliqué" et "complexe" n'étaient pas déjà ...... compliqués!
Et non, on en rajoute jusqu'à ce que ça déborde! Que de complications complexes (je dérape, pardon!)

9 décembre 2009

Développement durable

Celui là on ne peut  plus y échapper, surtout au moment du sommet de Copenhague.
C'est le mot clé de l'actualité, celui qui ne l'utilise pas est le dernier des ringards.

Si vous ne le trouvez pas en lisant un journal, c'est anormal.

Même dans une revue technique du plus gros pollueur, vous le trouverez à tous les coups.

Ces mots forment un oxymore, c'est dire un assemblage de deux mots antagonistes l'un disant le contraire de l'autre, comme par exemple de l'eau sèche ou une chaleur glaciale.

Examinons chaque mot:

  • Développement : nom commun masculin créé au XVème siècle et dont le Robert énumère les significations : action de déployer, croissance, épanouissement, hypertrophie, essor, extension, progrès, rayonnement, expansion, exposé, détail
  • Durable : adjectif né vers 1050 de nature à durer longtemps, permanent, stable, profond, solide, vif, vivant

Le tandem développement durable est utilisé dans le sens qu'à l'avenir, l'environnement de la planète reste viable.
Or, développement sous entend une croissance sans fin qui se heurtera aux ressources de la planète qui ne sont pas illimitées.
Un jour, nous manquerons de combustibles : pétrole, charbon, uranium et même bois car il n'y en aura pas assez pour tous. Certains métaux deviendront difficiles à extraire et comme il faudra de plus en plus d'énergie pour aller les chercher, ça finira en impasse.
Ce qui existera toujours, c'est le vent qui avait permis les voyages en mer, de moudre le grain, de pomper l'eau dans les polders, et maintenant de produire de l'électricité.
La pluie continuera de tomber pour alimenter les ruisseaux les rivières et les fleuves utilisés jadis pour moudre le grain, scier le bois, forger le métal, et depuis un petit siècle pour faire de l'électricité.
Le monde a découvert très récemment le soleil qui peut chauffer l'eau, produire de l'électricité jusqu'à un certain point car les métaux rares s'épuiseront et même fondre le métal.
Nous nous trouvons face à une chose impossible : croissance continue qui nécessitera de puiser toujours dans les ressources limitées de la planète et ceci pour toujours ...... mais comment faire sans?

Il est étonnant que le monde ne sache pas s'accommoder de stabilité.
Produire autant que l'année passée, c'est inconcevable et une société commerciale qui ne produit pas plus voit fuir son capital. Pas de croissance = la mort. Mais croissance infinie = la mort!

Il existe un mouvement qui se cherche encore et qui a été initié par les travaux du Club de Rome et ceux de Nicholas Georgescu-Roegen, économiste, mathématicien et philosophe des sciences, américain d'origine roumaine qui a créé le concept d'a-croissance ou décroissance, en définissant un système qui permette au monde de continuer à vivre avec des ressources de plus en plus rares, sans avoir recours à l'outil millénaire pour régler le problème : la guerre. À l'inverse Nicholas Georgescu-Roegen a prôné la véritable finalité immatérielle de l'activité bioéconomique: la joie de vivre.

Si vous voulez en savoir plus sur ses travaux cliquez ici :http://agora.qc.ca/mot.nsf/Dossiers/Nicholas_Georgescu-Roegen

Les anglos saxons ont été plus francs pour décrire leur développement durable : sustainable growth, ou croissance soutenable, ce qui est aussi un oxymore quand on considère l'avenir des ressources de la planète.

J'espère que vous lirez les mots "développement durable" d'un autre oeil.

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Les maux des mots
  • Il y a 30 ans, on l'appelait "l'hexagonal", à présent on parle souvent de "tendance". Cela consiste à inventer un mot alors qu'il en existe déjà un ou plusieurs, torturer un pauvre mot qui n'avait pas fait de mal, balancer en plein visage un terme exotique
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